20 sept. 2016

PROPOSITION D'INDIVIDUALISATION ET MÉTHODES DE MUSCULATION CHEZ LES JEUNES - Florian FOSSET

Dans la suite du précédent article, Florian FOSSET, préparateur athlétique au centre de formation du HAC, nous fait part d'exemples concrets proposés aux jeunes joueurs du centre.

Les premiers progrès en musculation sont d'ordres nerveux et de coordination intra et intermusculaire (notion de programmation motrice). Pour progresser il faut sans cesse surprendre l'organisme, il est nécessaire de lui procurer des sensations nouvelles et les modes d'actions musculaire en sont une très bonne alternative. 

MÉTHODES COMBINATOIRES
Il existe pour cela donc toutes les méthodes isométriques tels que l'iso total, le stato dynamique, les méthodes concentriques, l'excentrique super lent à poids de corps, la pliométrie horizontale (puis une pliométrie verticale basse et moyenne). On peut y ajouter également les méthodes combinatoires (développé par Norbert KRANTZ) qui sont très intéressantes chez les jeunes et qui a pou but de combiner les processus cognitifs à un renforcement musculaire. Cela vient d'une recherche d'entrainement fonctionnel respectant certaines exigences biomécaniques et spécifiques des sportifs dans leurs disciplines. 
Voici 5 facteurs de coordination motrice pour modifier l'exercice traditionnel en exercice combinatoire : Orientation/réactivité/dissociation/rythmicité/équilibre. Toutefois, il est nécessaire de préciser qu'il faut être extrêmement vigilant quant à la bonne réalisation du mouvement de musculation avant de le combiner à une autre tâche motrice plus complexe.
Il s'agit avec cette méthode d'associer des problématique de coordination à des exercices de renforcement.

QUAND ? 
Il convient de travailler cette méthode chez les jeunes et les débutants, en début de préparation (et en réathlétisation). Il faut toutefois privilégier un exercice et non une séance entière sur cette méthode.

EXEMPLES :
 - Banc IJ (Leg Curl) + Tirage ou extension bras (notion de point d'ancrage lombo pelvien)
- Chaise romaine (relever buste) + flexion genou 1 jambe



L'INDIVIDUALISATION
L'individualisation démarre donc dans la prise en compte de l'âge, de la morphologie, du niveau d'expertise en préparation physique du jeune joueur, mais l'individualisation de ne s'arrête pas à ces aspects là. L'individualisation se fait également par rapport au profil moteur du jeune ainsi qu'au poste occupé sur le terrain. On arrive à identifier des jeunes plutôt aérien ou terrien, après un profilage long et méthodique, permettant de développer les points forts/faibles. Des exercices différents pourront être proposés en fonction du registre aérien (en pied) ou terrien (en cuisse) afin de prendre en compte leur profil moteur.



L'individualisation de la musculation est aussi fonction de la spécificité de la discipline et notamment du poste du joueur sur le terrain. On sait notamment qu'en fonction des postes occupés sur le terrain, les joueurs n'effectuent pas les mêmes actions et efforts. On pourra donc orienter nos séances de musculation selon le type d'efforts fournis au poste (verticalité et/ou horizontalité - explosivité et/ou puissance...).






Proposition de programmation sur 6 semaines chez des U19 novices en musculation

En bleu : séances dans la thématique du cycle de 6 semaines

Un grand merci à Florian FOSSET pour sa contribution généreuse. Bonne saison !!!

5 août 2016

L’INTÉRÊT DE LA MUSUCLATION CHEZ LES JEUNES par Florian FOSSET (centre de formation du HAC)

Je vous présente Florian FOSSET, préparateur physique au centre de formation du HAC depuis Septembre 2014. Titulaire d'une maitrise STAPS entraînement obtenu à Dijon et du Diplôme Universitaire de préparation physique Gilles Cometti.

Florian se spécialise dans la préparation physique en commençant ses études universitaires à l'UFR STAPS de Dijon. Il intègre par la suite le CEP lors de sa 2ème année de formation du DUPP, où il a en charge notamment les cadets France de la JDA Dijon (Basket-ball) et intervient en collaboration également sur les espoirs de la JDA. Parallèlement, il intervient également dans un club de régional de Handball (Chevigny St-Sauveur) sur les jeunes avec comme mission l'initiation à la musculation et à la préparation physique.

Spécialisé dans le football à l'origine, il a beaucoup appris de cette approche pluridisciplinaire que j'ai pu avoir. Et c'est à l'été 2014 qu'il a pris la direction du Havre pour exercer sa passion.

Du à sa formation tournée autour de la conception de "Gilles Cometti", il est très sensible à l' approche qualitative de l'entraînement et donc de l'intérêt de la musculation dans le développement des qualités physiques chez les sportifs et notamment chez les jeunes. Il nous fait part de quelques idées qui peuvent ressortir : 

"L'apport de la musculation chez les jeunes doit suivre une logique progressive et individualisée par rapport à la maturité des sportifs"

Voici une liste non exhaustive de l'intérêt de la musculation chez les jeunes
- développement des qualités physiques (coordination, force, vitesse, souplesse, endurance)
- prévention des blessures et de toutes traumatologies liés à la discipline
- améliore la santé musculo-squelettique des sportifs
- améliore les habiletés spécifiques de vos joueurs
- sensibilise aux mesures de sécurité et de protection
- optimise le niveau de performance des sportifs
- permet l'évaluation des sportifs

L'apport de la musculation dans nos procédés d'entraînement chez les jeunes doit suivre une logique progressive et individualisée par rapport à la maturité des sportifs ; dans sa conception comme dans sa mise en place. Il est donc préférable de concevoir l'entraînement en musculation chez les jeunes à long terme tout au long de la croissance du jeune.

Il existe un repère biologique qui est identifiable par la mesure de la taille, c'est le pic de croissance lors de la puberté. A partir de ce pic on va pouvoir plus ou moins programmer en amont et en aval les orientations en musculation. Attention, nous ne sommes pas tous égaux quant à l'arrivée de ce pic de croissance (âge, sexe), c'est pourquoi il faudra certainement considérer les intervalles d'âges donnés comme approximatif et non comme un repère immobile.

Avant 12 ans, on parle plus de renforcement musculaire que de musculation pure. Inutile de consacrer une séance entière ou même une partie de séance à du renforcement musculaire. La discipline sportive doit consacrer toute notre attention et si l'on souhaite une approche en renforcement elle doit se faire sous forme intégrée par le biais de nos jeux d'entraînement.

De 12 à 14 ans lors de la pré-puberté, nous insisterons sur les éducatifs posturaux et sur l'apprentissage technique (exécution, respiration,...). Nous utiliserons des modes de contraction notamment statique ou concentrique très lent (à poids de corps) sur les gros groupes musculaires et pluri-articulaires de préférence (respect de l'équilibre agoniste - antagoniste). L'objectif premier sera d'assimiler les éducatifs puis en second lieu de renforcer ces muscles effecteurs ainsi que les muscles stabilisateurs. Ceci peut-être fait sous forme de parcours ou de circuit. Les temps de récupération seront suffisants de manière à induire que très peu de fatigue locale et ainsi d'avoir une aisance dans l'exécution. L'accent du travail doit être mis sur le gainage et la proprioception.
Durant cette période, le travail de vitesse par la réactivité, la fréquence gestuelle du mouvement spécifique qu'il ne faudra pas négliger.

"...lors de la pré-puberté, nous insisterons sur les éducatifs posturaux et sur l'apprentissage technique..."

De 14 à 17 ans, c'est la période de puberté, c'est ici que l'on doit identifier le pic de croissance de nos jeune et que l'on peut commencer le travail de musculation pure (charges additionnelles, machine de musculation, etc...) environ 6 mois à 1 an après ce pic, c'est le repère. Attention à bien prendre en compte la maturité individuelle des jeunes car l'augmentation rapide de la taille ne s'accompagne pas systématiquement d'un système musculaire adéquat. 

"Attention à bien prendre en compte la maturité individuelle des jeunes"

De 17 ans et plus, c'est la période post puberté. Nous pouvons tout faire en repsectant un modèle linéaire dans la programmation. De l'hypertrophie, à la force puissance jusqu'à la force maximale, tout peut être développé en respectant tout de même le niveau d'expertise des jeunes en musculation, car il ne faut pas oublier que le niveau d'expertise dans une APS est souvent différent du niveau d'expertise en préparation physique.

Reportage sur le centre de formation du HAC : Havre de foot

1 juin 2016

LA PRÉPARATION PHYSIQUE CHEZ LES JEUNES : ENTRE APPRENTISSAGE ET DEVELOPPEMENT

LE PARCOURS DU JEUNE SPORTIF 

La préparation physique chez les jeunes est devenue essentielle pour tout sportif qui s'inscrit dans une formation vers le haut niveau, dans un parcours d'excellence sportive. La filière sport-étude, section sportive Elite ou Pôle, avec cinq à six séances par semaine montre l'importance d'une bonne gestion de la charge et du travail en préparation physique à effectuer pour mieux assimiler les charges d'entraînement. Les volumes d'entraînement entre 12 et 15 ans sur une filière d'accès à haut niveau varient entre 12 et 20 heures par semaine, avec une part belle au spécifique lié à sa discipline sportive et un pourcentage non négligeable sur le registre athlétique et du développement moteur. Le développement des registres de la préparation physique est donc absolument nécessaire afin d'optimiser les qualités physiques du jeunes et ainsi lui permettre de réussir dans sa discipline, dans son projet sportif.

La préparation physique chez le jeune, entre 12 et 16 ans, est un élément essentiel du développement moteur et harmonieux pour le joueur. Omettre ce travail, c'est tout simplement oublier, comme le sport moderne et le haut niveau, requiert des charges d'entraînement importantes, des conditions physiques élevées et exige une préparation optimale pour tenir toute la saison et éviter les blessures.

LES CARACTÉRISTIQUES DU JEUNE

Toutefois, il ne faut pas partir tête baissée et vouloir développer tout azimuts le jeune joueur sans se préoccuper des postures et des apprentissages moteurs préalables au développement de toutes qualités physiques. Il faut donc être vigilant sur de nombreux aspects et prendre en compte la dimension "mutation morphologique" du jeune et ses caractéristiques. 

Voici en quelques points, les caractéristiques du jeune, dans sa période sensible :
- période pré-pubère : de 10 ans à la puberté
- période puberté : 11-14 chez les filles / 12-15 ans chez les garçons
- pic pubertaire : correspond à une période de fragilité (risque de surménage)
             -filles : pic de croissance à 12 ans à +/- 1 an 
             -garçons : pic de croissance à 14 ans
- Mutation morphologique (+ 10 cm/+ 10 kg par an) à la puberté = perturbation du schéma corporel/fragilité
- Grande variabilité inter-individuelle dans le développement morphologique : écart morphologique important (jusqu'à 35 cm / 35 kg d'écart pour certains U13/U15)
- Age biologique différent d'âge chronologique : "un enfant qui a un âge chronologique (civil) de 12 ans peut, sur le plan biologique avoir entre 9 et 15 ans" (Borms, 1986). = importance de l'éducation à l'individualisation du travail athlétique
- Vigilance quant à la spécialisation précoce (peut amener à des effets négatifs sur le plan émotionnel et psychologique ; cf : DLTA, Balyi et allo. 2005).
- Vigilance sur le volume d'entraînement et les risques de pathologies (Sever, Osgood-Schlater...) mais aussi sur la surface de jeu et l'équipement du joueur (semelle, chaussure, etc...)
- Maturation du système vestibulaire et des organes sensoriels en période pré-pubère
- La force (avec charges additionnelles) pourra être développée dans la période un an après le pic de croissance (période favorable)

LES REGISTRES DE LA PRÉPARATION PHYSIQUE A DÉVELOPPER CHEZ LE JEUNE

Le jeune joueur, dans sa construction d'athlète, ne doit négliger aucune composante de la performance et des qualités physiques. Il a besoin d'un haut niveau de coordination motrice pour pouvoir s'exprimer totalement dans le football et utiliser toute la panoplie de gestes du footballeur, de force pour lutter, s'opposer et vaincre dans le duel, de vitesse et de vivacité pour surprendre par ses déplacements, et d'endurance pour répéter les efforts.

La coordination motrice, développée précocement, aura donc pour intérêt de favoriser les apprentissages techniques et les apprentissages moteurs. Que ce soit la latéralisation, la dissociation segmentaire, la rythmicité, l'orientation spatiale ou l'équilibre, ce sont autant de facteurs à travailler et à solliciter tout au long du parcours du jeune sportif.

Le développement de l'aérobie est essentiel pour améliorer la capacité à réitérer des efforts, à supporter les charges d'entraînement en vue d'optimiser ses capacités cardio-pulmonaires.

La force, dans un souci d'harmonisation du corps et d'équilibre agoniste/antagoniste, permettra d'améliorer l'explosivité et la puissance, réduira le risque de blessure et révélera son potentiel athlétique.

La vitesse/vivacité, qualité phare dans de nombreux sports, à travers la vitesse de réaction et la fréquence gestuelle entre autre, permettra au jeune de faire des différences et de pouvoir s'exprimer dans le haut niveau.



L'apprentissage distribué semble être le meilleur moyen de développer au long cours les qualités physiques chez le jeune, en travaillant régulièrement chaque qualité physique. Voici une proposition de l'agencement des contenus PA dans un microcyle de compétition chez le jeune footballeur.



Bibliographie


-Physiologie de l’exercice chez l’enfant -Thomas W. Rolwand - Ed : de Boeck
-Musculation pour l’enfant et l’adolescent - O. PAULY - Ed : Amphora
-Le suivi de la croissance : un aspect important du développement à long terme du participant/athlète  - Istvan Balyi et Richard Way 

4 mai 2016

INTERVIEW ALEXANDRE MARLES - SPORT SCIENTIST

Aujourd'hui, je partage avec vous l'interview d'un préparateur physique déjà réputé (au regard de son âge) qui nous fait le plaisir d'échanger sur son parcours, sa vision. Chef d'entreprise, formateur, préparateur physique, consultant, Alexandre MARLES a notamment été Responsable de la Performance au PSG, puis à l'OL après avoir eu des missions à la DTN de la FFF auprès des équipes de France jeunes, de la cellule scientifique de recherche en préparation physique et sur les formations de cadres. Personnellement, je l'ai d'ailleurs eu en tant que formateur au DEF (Diplôme d'Entraîneur de Fooball) en 2013 sur la préparation physique et notamment l'approche intégrée et la quantification de la charge sur les jeux. C'est un plaisir de vous faire partager son interview.

Peux-tu te présenter et décrire ton parcours jusque-là ? (parcours scolaire, diplômes, expériences professionnelles...).
J'ai 36 ans, et après des études universitaires (Master 2 en sciences et ingénierie du sport, DEA en physiologie et biomécanique de l'homme en mouvement et un doctorat en physiologie et biomécanique). J'ai également de nombreux diplômes et certifications en préparation physique, préparation mentale, analyse vidéo, j'ai participé à des études scientifiques qui ont été publiées et à de nombreuses conférences en tant qu'intervenant. Après mon expérience à la Fédération Française de Football (cellule recherche, formateur, préparateur physique des Equipes de France), je suis arrivé en tant que Directeur du département Performance au PSG pour la saison 2013/2014 puis sur le même poste à l'Olympique Lyonnais sur la période 2014/ fév 2016.

Pour plus de détails et en savoir plus : 

Quelles sont les qualités nécessaires pour être un préparateur physique ? Quelle qualité recherches-tu chez un préparateur physique?
Une bonne connaissance de la discipline dans laquelle il exerce, des qualités de réflexion, d'organisation et d'adaptation ; et bien entendu une relation de confiance.

Quelles sont les qualités athlétiques exigées au haut niveau pour un footballeur professionnel ?
Au delà des qualités techniques et de l'intelligence de jeu qui font aujourd'hui la différence entre un bon et un très bon joueur, la qualité physique principale est la qualité des premiers appuis (mise en action, accélération) et la faculté de répéter ce type d'effort à haute intensité. Pour le reste des qualités physiques, tous les joueurs de bon niveau possèdent les qualités requises.

Quelles sont les missions, la place et le rôle d'un responsable de la performance dans un club professionnel ? Comment s'organise une cellule de la performance ? Peux-tu modéliser la cellule (ou département) de la performance d'un club professionnel ?
On parle de Directeur de la Performance / Sport Scientist (à l'étranger) : 
La cellule performance est entre le staff technique et le staff médical.
Il n'existe pas vraiment de fiche de poste de Directeur de la Performance en France. 

Un Sport Scientist est chargé de : 
- la préparation physique
- la prévention des blessures
- la réathlétisation
- l'analyse de données
- la nutrition
- la veille scientifique sur les dernières techniques performantes

Le Sport Scientist : 
- doit faire le lien avec le médical
- a un rôle de coordination de son propre staff (préparateurs physiques, analystes de données, vidéo...)
- gère les achats et investissements de matériels et de produits nécessaire à la mise en place du process de performance 
- a un rôle de formation vis à vis des personnes qu'il encadre et aussi des structures rattachées

Au niveau formation et profil, le Sport Scientist possède en général : 
- un doctorat en physiologie
- plusieurs diplômes ou certifications permettant d'exercer l'ensemble de ses missions
- a un très bon niveau en anglais pour comprendre la littérature scientifique et échanger avec les collègues d'autres pays

La préparation physique a beaucoup évolué ces dernières années, que penses-tu de l’organisation de la PA en football en France, dans les clubs professionnels notamment? Quels seraient les axes d’amélioration ? Comment optimiser la préparation physique dans le club ?
En France il y a de très bons préparateurs physiques dans les clubs, il manque seulement de moyens humains (assistants) et financiers.

Selon toi, quels seraient les tests physiques de terrain incontournables de début de saison pour un joueur de football que le PA devrait mettre en place ?
Il est inutile de faire trop de test car le niveau du joueur va très vite évoluer. 
J'indiquerai les tests suivants :  Masse, Masse Grasse, Test Isocinétique, Test 30/15

Comment, selon toi, faut-il organiser et placer les contenus PA dans le microcyle de compétition ? quelle dynamique de charge sur un microcyle de compétition entre 2 matchs à 7 jours ? à 3 jours ?
Voilà le modèle que je propose : 





Aujourd’hui, beaucoup d’entraîneurs et de PA parlent d’individualisation. Comment individualiser dans un sport collectif ? jusqu’à quel point ?
Il faut individualiser le travail préventif (en fonction des ancienne pathologies) et le travail de renforcement musculaire (en fonction de déficit ou besoins).
Sur le terrain en sport collectif, il faut davantage indvidualiser le travail en fonction du poste de jeu et aussi des qualités des joueurs.

Pour le PA, le suivi de la charge est un élément important. Comment s’organiser pour le suivi de la charge d’entraînement ? Quelles méthodes ?
Tout dépend des moyens humains et financiers. Les anciennes méthodes (durée d'entraînement, niveau d'intensité de la séance, RPE...) fonctionnent très bien à condition d'avoir un vrai échange avec les joueurs. Si on a plus de budget, avec un bon outil de tracking, on peut suivre plus d'indicateur en direct et ajuster en temps réel le travail demandé.

Beaucoup de clubs réalisent des séances à J+ 1. Qu’en penses-tu ? Se justifie-t-elle ?
Tout dépend des habitudes du coach et des joueurs, il y a des avantage mais peut être plus d'inconvénients.

Que peut mettre en œuvre le PA lors de longs déplacements sur des matchs à l’extérieur ? Exemple : équipe de niveau National, 5h de déplacement, match le vendredi soir à 20H.
Il faut bien gérer le transport (pause de 20 min toutes les 1h30 à 2h) et aussi bien caler la collation et les repas.

Quel est l’apport des nouvelles technologies dans l’entrainement ? Comment le PA peut-il s’en servir ?
Il y a de nombreuses technologies sur le marché et à tous les prix. Le problème numéro 1 reste la fiabilité des outils, parfois il vaut mieux ne rien acheter que d'avoir des fausses données !
Dans le cas d'un outil de qualité, il faut pouvoir se dégager du temps pour se faire former et ou faire appel à une aide à l'intérieur ou à l'extérieur du club.

Que t’ont apporté tes expériences sur la préparation physique dans d’autres sports ?
A la fois dans d'autres sports et aussi dans d'autres pays : une autre mentalité et une autre vision des choses. En France, on critique tout et surtout on continue de croire que ce qui se faisait en 1980 est toujours d'actualité ! Il y a beaucoup de choses à conserver de ce qui se faisait par le passé, mais il faut aussi comprendre aujourd'hui les nouvelles contraintes des disciplines sportives (plus de matchs, plus d'intensité, moins de temps de récupération...). A l'étranger, on réfléchit davantage, on teste et on y met les moyens. La culture et les problématiques des autres sports sont aussi intéressantes pour faire évoluer certaines techniques et méthodes de travail.

Merci Alexandre pour le partage, et bonne continuation au plus haut niveau.